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13 septembre 2017

Anecdotes en vitrine - Au Tabac

Tabac François 1er, 57 avenue René Coty

Quatre cents fêtes par jour, quand on y pense,
quatre cents mains qui se tendent vers moi,
huit mille doigts qui font seize avec ceux des pieds,
et huit cents poumons qui voient passer dix mille litres d'air en vingt-quatre heures au bas mot,
de l'air du large, de l'air du temps et la chanson de Margaret, le bassin du Roi, la pluie sur Sanvic, l'odeur des quais quand il faisait froid, l'odeur du café,
huit cents poumons, disais-je, dans moitié moins de cages thoraciques, douze paires de côtes multipliées par quatre cents, ce qui nous fait quatre mille huit cents côtelettes, tout de même,
et encore quatre cents paires de paupières qui clignent quinze fois par minute, on divise par deux pour avoir la langue, le foie, la vésicule, vous imaginez si on devait raconter les histoires de tout ça qui va qui vient dans mon tabac, et de tous les cœurs qui se consument dans la ville, et la ville elle-même qui part en fumée, les incendies, les bombardements, les cheminées qui s'illuminent comme deux cigarettes plantées dans le décor, deux immenses bougies,
moi ça me serre la gorge tellement c'est impressionnant,
oui, ma ville me serre la gorge, trop petite pour moi, pour tout ça qui circule entre elle et moi, mais au niveau du port, alors là grand, très grand même, premier pour les  containers, deuxième en termes de flux, et qui dit flux dit abondance, qui dit abondance dit prospérité, et pourtant c'est étrange, on n'est pas foutu  d'être une ville riche, mais où part l'argent, en fumée.

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1 commentaire:

  1. Un buraliste qui se plaint que l’argent part en fumée, là je pense qu’il y a moquerie de sa part !

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