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02 août 2017

Anedoctes en vitrine - chez la boulangère

Dans le cadre des 500 ans du Havre, une quarantaine de commerçants ont relaté quelques tranches de vies de leurs échoppes qui sont affichées sur leur vitrine. Ces textes ont été réunis dans un livre en vente en librairie. Certains sont bien lisibles mais d'autres sont difficiles à lire en raison d'un choix hasardeux des contrastes.

1) A la Grange à pains rue de Paris

Tous les matins, il achetait son p'tit pain au chocolat. 
La boulangère lui souriait.
Il ne la regardait pas et pourtant elle était belle, les clients ne voyaient qu'elle.
Il faut dire qu'elle était vraiment très croustillante autant que ses croissants et elle rêvait mélancolique le soir dans sa boutique à ce jeune homme distant.
Il était myope voilà tout. Mais elle ne le savait pas.
Il vivait dans un monde flou où les nuages volaient bas.
Il ne voyait pas qu'elle était belle, ne savait pas qu'elle était celle que le destin lui envoyait à l'aveuglette pour faire son bonheur.
Et la fille qui n'était pas bête acheta des lunettes à l'élu de son cœur.
Dans l'odeur chaude des galettes et des baguettes et des babas, dans la boulangerie en fête un soir on les maria.
Toute en blanc, qu'elle était belle, les clients ne voyaient qu'elle et de leur union sont nés des tas de petits gosses myopes comme leur papa gambadant parmi les brioches se remplissant les poches de p'tits pains au chocolat.
Et pourtant elle était belle, les clients ne voyaient qu'elle et quand on y pense, la vie est très bien faite.
Il suffit de si peu, d'une simple paire de lunettes pour rapprocher deux êtres et pour qu'ils soient heureux.

J.DASSIN
Ecouter la chanson de Jo Dassin (ICI)


Présentation de ce projet (ICI) et (ICI)


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